On en parle beaucoup – trop peut-être – ces derniers temps. Allez, j’en rajoute une couche ! Entendons-nous bien ! Ce que l’on connaît sous le nom de « fake news » n’est que la version numérique des fausses nouvelles, des rumeurs, de la propagande et autres bobards et « brèves de comptoir » que nous connaissons depuis la nuit des temps. Pour une fois la langue française a trouvé une jolie formule en emboitant le mot info dans intox. Cela donne infox. Pas mal non ? Au diable l’anglo-américain avec ses expressions à la mode ! 

Mais pourquoi parle-t-on autant des infox ?

Tout simplement parce qu’elles sont très répandues grâce ou à cause d’internet, des réseaux sociaux, des blogs et autres informations diffusées à la vitesse de la lumière. Et comme les internautes sont près de quatre milliards et demi, la vitesse n’est pas seule en cause. L’explosion du nombre de pratiquants et la possibilité « virale » de relayer y sont pour beaucoup. Les informations, les vraies, les fausses, les moitié fausses et les presque vraies sont donc connues instantanément par une myriade de lecteurs potentiels.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Internet s’est rendu accessible à tout le monde au fil des années. Ou presque. Très vite et grâce aux réseaux sociaux, beaucoup de pratiquants ont réalisé qu’ils passaient, presque sans en être conscients, du stade de consommateurs à celui de producteurs d’infos. Publier – on dit parfois poster – des informations se fait en quelques clics. L’idée a fait son chemin et aujourd’hui la surenchère de publications de toute nature est devenue un océan sur lequel surfer devient un art délicat.

Et l’art du vraisemblable, est d’être « semblable-au-vrai » !

Cette facilité a donné des idées à certains – personnes organismes ou institutions –  d’utiliser ce moyen pour diffuser, à des fins commerciales, financières ou idéologiques des informations déformées. Et ils déploient beaucoup de talents ! Une petite phrase ou un fait sorti de son contexte n’est pas toujours – loin s’en faut – le reflet de la vérité. Parfois, un gros plan télé sur une poubelle en feu prétend résumer à lui seul la gravité d’un événement. Dans cette jungle, sommes-nous préparés et aguerris ? Existe-t-il un moyen de distinguer le vrai du faux ? Tout devient possible y compris l’in-vrai-semblable.

Comment y voir clair et déchiffrer ?

Pas facile ! Mais ça en vaut la peine si nous ne voulons pas nous contenter de répéter ce que d’autres veulent nous faire dire ou croire. QUI le dit, QUI l’écrit, QUI le publie ou s’en fait le relais ? Réfléchissons ! Prenons notre courage à deux mains et évaluons les arguments opposés à ce qu’on nous présente comme vrai. Cela s’appelle l’esprit critique et l’exercer tous les jours garantit notre liberté. Pensons que les journalistes, les vrais, même quand ils représentent une opinion, ont au moins l’obligation de vérifier leurs sources. Enfin, confronter ces informations à nos propres valeurs ou à notre expérience. Une fois passée par tous ces tamis, nous avons fait un grand pas pour clarifier tout ce que nous raconte internet, les réseaux sociaux, mais aussi la presse, la télévision, les livres et … notre voisin.

Nous échapperons ainsi à tous les pièges que nous tendent les nouveaux médias. Confiance ou discrédit, ils choisiront. A nous de rester vigilants et de les aider ainsi à devenir meilleurs !

Frédéric BRICKA