Un geste pour l’environnement ! Composter ses déchets permet de réduire le volume d’ordures ménagères à traiter par la collectivité, d’enrichir la terre de ses plantations sans occasionner de frais… Les avantages sont nombreux.

Le compost provient de la transformation aérobie de déchets organiques par le biais de micro-organismes. Le produit obtenu se transformera dans le sol en humus, très utile en agriculture et en jardinage.

Que peut-on composter ?

Tous les déchets organiques à différents degrés, sont compostables. Les déchets de cuisine : épluchures, coquilles d’œufs, marc de café, filtres en papier, pain, laitages, fanes de légumes, fruits… Tout comme ceux du jardin : tontes de gazon, feuilles, fleurs fanées, mauvaises herbes… Et ceux de maison : mouchoirs en papier, cendre de bois, sciures et copeaux, papier journal, cartons salis (mais non souillés par des produits polluants), plantes d’intérieur…

Quelques déchets se dégradent plus difficilement et demandent quelques précautions. Ainsi, les déchets très ligneux ou durs (branches, os, noyaux, coquilles…) qu’il vaut mieux broyer avant. Les graines de certaines plantes (tomates, potirons et quelques mauvaises herbes) qui se maintiennent en vie lors du compostage et qui peuvent germer à nouveau. La viande peut tout à fait être compostée à condition d’être mise hors d’atteinte des animaux et d’être placée en petits morceaux au centre du tas. Les coquillages et les coquilles d’œufs ne se décomposent pas mais leur usure apporte des éléments minéraux tandis que leur structure facilite l’aération.

Mélanger et aérer

Faire un bon compostage, c’est mélanger des catégories opposées. Les déchets plutôt carbonés (branches, paille, écorces, feuilles mortes, sciure, copeaux, herbes sèches, papiers, cartons…) avec les déchets plutôt azotés (déchets de cuisine, tontes de gazon, pousses vertes…). Les déchets humides (déchets de cuisine, tontes de gazon, pousses vertes…) avec les déchets secs (branches, paille, papiers, sciure…). Les déchets grossiers (tailles et déchets fibreux broyés) avec les déchets fins (déchets de cuisine, sciure, tonte de gazon…).

© ThinkstockPhotos

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Au cours du compostage, les micro-organismes ont besoin d’oxygène. Deux solutions sont à mettre en œuvre. Penser à intégrer dans le mélange en compostage des matières grossières qui permettent une aération passive permanente des déchets. Effectuer un brassage régulier – notamment au début du compostage – lorsque l’activité des micro-organismes est la plus forte puis tous les un à deux mois. C’est très facile : une fourche et quelques minutes suffisent !

Humidité et intégration des végétaux durs

Le compost doit être humide mais sans excès. Trop d’humidité empêche l’aération et a pour conséquence de freiner le processus de compostage et de dégager des odeurs désagréables. Le manque d’humidité assèche les déchets, les micro-organismes meurent et le processus s’arrête. Il est facile d’arroser quand le compost est trop sec. L’assécher quand il est trop humide est un peu plus difficile. Le compostage des végétaux durs, longs, encombrants est possible en suivant ces quelques indications : le fait de sélectionner, fragmenter, écraser ou broyer ces déchets facilite ainsi l’action des micro-organismes. Plusieurs cycles de compostage peuvent être nécessaires en retirant les déchets les plus grossiers du compost mûr par tamisage.

Tas ou bac ?

Le compostage en tas n’a aucune contrainte de volume. En jouant sur la hauteur et la longueur, il est possible de faire autant de tas que nécessaire. Les déchets sont toujours accessibles et visibles et sont surveillés en toute facilité. Le compostage en tas convient à ceux qui disposent de place et n’ont pas beaucoup de temps à consacrer au compostage. En revanche, le tas est exposé aux aléas climatiques, aux précipitations, au vent, à la sècheresse, au froid ; ces phénomènes ont pour conséquence de rendre le processus irrégulier. Une surveillance régulière permet de pallier ces inconvénients. Par ailleurs, la vision d’un tas n’est pas du goût de tout le monde.

Le compostage en bac convient uniquement pour les petits volumes (jusqu’à 1 000 litres). Fermé, le composteur place les déchets hors de portée des animaux et des aléas climatiques. Mais le fait que le composteur soit fermé ne signifie pas que le compostage se fasse seul. Il faut surveiller fréquemment pour éviter des dérives (sècheresse, pourrissement nauséabond) qui sont irréversibles en l’absence d’intervention.

Créer son potager

Même dans un espace restreint, il est possible de créer un espace potager : le potager en carrés. Cette méthode de culture est une manière à la fois esthétique et pratique de concevoir le potager. Nul besoin de posséder un grand jardin et qu’importe la nature du sol, le potager en carrés permet de retrouver le plaisir de jardiner.

L’idée originale revient à un américain, Mel Bartholomew, dans les années 1980. Depuis, Anne-Marie Nageleisen a élaboré une méthode française pour le potager en carrés.

Le jardinage en carrés consiste à regrouper plusieurs carrés ensemble. Il suffit de disposer un grand carré (1,20m) délimité par des bordures généralement en bois non traité, qui est ensuite divisé en 9 carrés de 40 cm (méthode française). Il s’agit ensuite de remplir les carrés de terre mélangée à du compost ou du bon terreau et de planter légumes, herbes aromatiques ou fleurs. Les non-bricoleurs ou ceux qui manquent de temps peuvent acheter un potager en carrés dans les magasins spécialisés.

Aujourd’hui, même sur un petit terrain, une terrasse ou un balcon, il est ainsi à la portée de tous de cultiver et de consommer des légumes sains, riches en éléments nutritifs et au goût incomparable.

A lire : Le potager en carrés, la méthode et ses secrets par Anne-Marie Nageleisen.