Classiques ou design, les carreaux de ciment à la surface soyeuse et aux nuances délicates prennent une douce patine avec le temps. Si cette technique d’incrustation est connue de longue date, ce n’est que vers le 19e siècle que ce procédé s’est développé de manière industrielle. Il fut alors adapté à la fabrication de carreaux en ciment et à celle de carreaux en grès cérame.

Moulage traditionnel

La fabrication d’un carreau de ciment se fait à l’envers, par couches successives de mortier coulé à l’intérieur d’un moule métallique. Ce travail, effectué à la main, fait de chaque carreau une pièce unique.

La première couche, qui constituera la surface décorative, est faite de sable siliceux, de poudre de marbre, de ciment blanc et de pigments colorants. Pour effectuer un carreau uni, ce mortier est coulé sur toute la surface du moule. Pour un carreau à motif, un diviseur, conçu selon le décor à réaliser, est placé dans le fond du moule. Ce diviseur est une sorte de pochoir constitué de cloisons verticales en laiton. Chaque case reçoit un mortier de couleur pour former le motif choisi. Une fois les cases remplies, le diviseur est délicatement retiré. Le moule est alors complété avec un mélange de ciment gris et de sable humide pour former la couche de structure et placé sous une presse en vue de comprimer les différentes couches. Reste à démouler la pièce et la dernière étape consiste à immerger les carreaux dans l’eau pendant quelques heures, le temps que le ciment prenne entièrement. Les carreaux sont ensuite mis à sécher à l’air libre durant un mois.

Couleurs éclatantes

Les carreaux en ciment, contrairement aux carreaux en grès cérame fabriqués selon le même procédé, offrent des couleurs plus chatoyantes. En effet, la couche d’usure est faite à partir de ciment extra blanc, sans oxyde métallique, ce qui préserve la couleur des pigments. Par ailleurs, les carreaux n’étant pas cuits, les coloris ne sont pas ternis par le feu. Ces carrelages aux décors incrustés dans la masse résistent parfaitement à l’usure du temps.

Pour la pose

Tous les fabricants conseillent de poser un carrelage en ciment avec un mortier colle. La chape doit être sèche et bien lisse. Lorsqu’une composition est prévue, il est conseillé d’effectuer une pose à sec afin de permettre de voir la forme générale du motif et tracer des repères. La pose se fait par double encollage avec une spatule crantée.

Pour plus d’élégance, les joints doivent être minces et il faut attendre le séchage de la colle avant de les réaliser. Le mortier de jointement doit être assez liquide. Il sera coulé et réparti à l’aide d’une spatule et le surplus devra être enlevé au fur et à mesure avec une éponge humide. Lorsque le carrelage et les joints sont bien secs, il faut procéder à un ponçage pour éliminer les traces de laitance de ciment en utilisant une ponceuse ou bien à la main avec du papier de verre très fin. Ne jamais utiliser d’acide, même dilué, il endommagerait les carreaux de ciment.

Protection et entretien

Les carreaux de ciment doivent être protégés contre les tâches. En cuisine, il est recommandé d’appliquer préalablement un traitement oléofuge pour éviter les tâches de graisses. Ces traitements doivent être appliqués à l’aide d’un chiffon doux. En finition et pour garder une surface d’aspect satiné, il est conseillé d’appliquer, une à deux fois par an, une cire incolore. L’entretien courant se fait ensuite au savon de Marseille ou au savon noir. En cas de tâches persistantes, ne pas utiliser de javel ou d’acide mais du savon pur ou un abrasif doux.

Hélène Kleszez

Les plus des carreaux de ciment

  • Procurent une surface lisse, douce au toucher et prenant une belle patine
  • Naturellement antidérapants
  • Permettent de reproduire d’anciens motifs ou des créations personnalisées
  • Donnent un décor très vivant à une pièce

Les moins

  • Une protection hydrofuge et oléofuge est indispensable
  • La pose professionnelle est conseillée
  • Epaisseur et poids des carreaux importants
  • Carrelage relativement onéreux : entre 100 et 150 € le m2 en moyenne